Le pastis coca ne se raconte pas, il se teste. Cette association déconcertante entre l’anis du Sud et les bulles sucrées du cola divise depuis les années 1980, mais ne laisse personne indifférent. Appelé aussi Mazout, Gasoil ou Diesel selon les bars et les régions, ce cocktail tire son surnom de sa couleur brun foncé qui évoque le carburant. Derrière cette provocation assumée se cache pourtant un mélange étonnamment gourmand, moins anisé qu’un pastis classique, plus désaltérant qu’on ne l’imagine. Dans mon ancienne auberge en Sarthe, je recevais parfois des voyageurs marseillais qui me le réclamaient avec un sourire complice. J’ai fini par l’adopter, en version simple et bien dosée, pour les fins d’après-midi d’été. Voici comment le préparer sans fausse note, avec quelques variantes pour ceux qui aiment sortir des sentiers battus.
Temps de préparation : 3 minutes
Temps de cuisson : aucun
Nombre de portions : 1 verre
Ingrédients
Pour réaliser un pastis coca réussi, la qualité et la fraîcheur des produits comptent autant que les proportions. Voici ce qu’il faut prévoir pour un verre :
- 4 cl de pastis (Ricard, Pastis 51 ou Pernod selon les préférences)
- 8 à 12 cl de cola (le Coca-Cola classique est recommandé pour son goût caramélisé)
- 4 à 5 glaçons de taille moyenne
- Un verre tumbler ou un verre à pastis large (au moins 25 cl de contenance)
La proportion idéale repose sur un rapport de 1 dose de pastis pour 2 à 3 doses de cola. Cette base permet d’obtenir un équilibre entre la puissance de l’anis et la rondeur sucrée du cola, sans que l’un n’écrase l’autre. Certains préfèrent un cocktail plus léger en ajoutant jusqu’à 12 cl de cola, d’autres recherchent plus de caractère en limitant à 8 cl. L’important reste de garder des ingrédients bien frais : le pastis et le cola doivent sortir directement du réfrigérateur, entre 4 et 6 °C, pour éviter toute amertume ou dilution excessive.
Pour ceux qui souhaitent explorer des variantes plus élaborées, on peut enrichir la recette avec :
- 1 cl de sirop de cassis pour une touche fruitée
- 1 trait de jus de citron pour apporter de la vivacité
- Des glaçons pilés à la place des glaçons classiques pour une texture encore plus glacée
Ces ajouts transforment le mazout classique en version méditerranéenne ou estivale, selon l’humeur du moment.
Préparation
La réussite d’un pastis coca tient autant à la méthode qu’aux ingrédients. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, ce cocktail ne se prépare pas en versant tout d’un coup dans le verre. Il demande un minimum de soin pour préserver les bulles du cola et maintenir l’équilibre des saveurs.
Étape 1 : refroidir le verre
Placer le verre au congélateur pendant une dizaine de minutes avant de préparer le cocktail. Ce geste simple permet de maintenir la fraîcheur plus longtemps et d’éviter que les glaçons ne fondent trop rapidement. Un verre glacé améliore aussi la sensation en bouche, surtout lors des journées chaudes.
Étape 2 : disposer les glaçons
Sortir le verre du congélateur et le remplir avec 4 à 5 glaçons de taille moyenne. Éviter les glaçons trop petits qui fondent vite et diluent le cocktail. Les glaçons servent à la fois à refroidir et à ralentir le mélange entre le pastis et le cola, créant ainsi une légère stratification visuelle au début.
Étape 3 : verser le pastis
Verser doucement 4 cl de pastis au fond du verre, directement sur les glaçons. Le pastis doit être mesuré avec précision : trop peu et le cocktail manque de caractère, trop et l’anis domine au point de masquer le cola. Laisser le pastis reposer quelques secondes au fond du verre avant de passer à l’étape suivante.
Étape 4 : ajouter le cola avec délicatesse
Incliner légèrement le verre et verser le cola le long de la paroi, en un filet régulier. Cette technique limite la formation de mousse excessive et permet de conserver le pétillant du cola, qui joue un rôle essentiel dans l’expérience gustative. Verser entre 8 et 12 cl selon la préférence souhaitée : 8 cl pour un mazout corsé, 12 cl pour une version plus douce et accessible.
Étape 5 : ne pas trop remuer
Résister à la tentation de mélanger énergiquement. Donner un léger coup de cuillère ou laisser les glaçons faire leur travail suffit amplement. Trop remuer casse les bulles et aplatit le goût. Le pastis coca doit rester pétillant jusqu’à la dernière gorgée.
Étape 6 : servir immédiatement
Le cocktail se déguste dans les 15 minutes suivant sa préparation. Au-delà, l’anis prend progressivement le dessus et le cola perd de son effervescence. Servir avec une paille courte si on le souhaite, ou directement au verre pour mieux profiter des arômes.
Ce mélange offre une sensation en bouche unique : la fraîcheur de l’anis rencontre le sucre caramélisé du cola, avec une petite pointe de bulles qui vient équilibrer l’ensemble. Le résultat rappelle presque une confiserie liquide, plus gourmande qu’un pastis à l’eau classique, mais aussi plus trompeuse : le goût léger masque bien la puissance de l’alcool, qui tourne autour de 40 à 45 % dans le pastis. Voilà pourquoi il convient de le déguster avec mesure, surtout lors des apéritifs prolongés.

Comment s’appelle un pastis avec du coca ?
Le nom le plus répandu pour désigner ce mélange reste Mazout, en référence directe à la couleur sombre du cocktail qui évoque le carburant. Ce surnom a émergé dans les bars du Sud de la France, notamment à Marseille, où l’habitude de détourner les boissons classiques fait partie de la culture populaire. Mais selon les régions et les établissements, d’autres appellations cohabitent.
On entend aussi Ricard Coca, qui met l’accent sur la marque de pastis la plus consommée en France, ou encore Gasoil et Diesel, variantes du même registre automobile. Ces surnoms ont tous en commun une touche de provocation assumée, comme pour signaler que ce cocktail n’a rien de conventionnel.
Ailleurs en Europe, notamment en Belgique et en Allemagne, le terme Diesel désigne parfois une tout autre recette : un mélange de bière blonde et de sirop de cassis, avec ou sans pastis selon les versions. Cette confusion montre bien à quel point les traditions de bar varient d’un pays à l’autre, même lorsque les noms se ressemblent.
En France, le pastis coca incarne surtout un esprit de liberté. Il est né dans les années 1980 et 1990, à une époque où les barrières entre les boissons étaient plus souples et où l’expérimentation faisait partie du plaisir de l’apéritif. Aujourd’hui encore, commander un mazout dans un bar du Sud signale une certaine connaissance des codes locaux et un goût pour les mélanges audacieux.
Il faut savoir que ce cocktail divise fortement : sa couleur inhabituelle rebute certains au premier regard, tandis que son association d’ingrédents casse les habitudes des puristes du pastis. Mais ceux qui osent franchir le pas découvrent souvent une surprise agréable, loin des préjugés. Le mazout ne plaît pas à tout le monde, mais il séduit ceux qui cherchent à sortir des sentiers battus.
Quel alcool se marie bien avec le coca ?
Le pastis n’est pas le seul spiritueux à bien s’accorder avec le cola. D’autres alcools se prêtent à des associations réussies, chacune avec son propre caractère.
Le rhum reste le compagnon classique du coca, surtout dans sa version cubaine avec le célèbre Cuba Libre. Le rhum ambré apporte des notes de caramel et de vanille qui se fondent naturellement dans la rondeur du cola. Pour une version tropicale du mazout, on peut d’ailleurs ajouter 1 cl de rhum ambré au mélange classique, avec quelques gouttes de jus d’ananas pour renforcer l’exotisme.
Le whisky forme aussi un duo apprécié, notamment dans le cocktail Jack & Coke, qui mêle le bourbon américain au cola. Cette combinaison offre plus de profondeur et de complexité qu’un simple pastis coca, avec des arômes boisés et épicés. Pour enrichir un mazout corsé, on peut ajouter 1 cl de whisky bourbon au mélange, ce qui donne une boisson plus intense et chaleureuse.
Le gin peut surprendre, mais certaines versions florales ou herbacées se marient bien avec le cola, surtout lorsqu’on ajoute un trait de jus de citron. Cette variante reste moins connue, mais mérite d’être testée pour ceux qui aiment les mélanges originaux.
La vodka offre une base neutre qui laisse le cola s’exprimer pleinement, avec juste une touche d’alcool en arrière-plan. Ce mélange plaît à ceux qui recherchent la simplicité et la légèreté.
Mais revenons au pastis : ce qui rend le mazout unique, c’est justement cette rencontre inattendue entre l’anis et le cola. Peu d’alcools possèdent cette personnalité aussi marquée, capable de transformer radicalement le goût du cola tout en restant reconnaissable. Le pastis apporte une fraîcheur aromatique, une petite pointe de réglisse et une longueur en bouche que les autres spiritueux ne reproduisent pas.
Pour ceux qui souhaitent explorer d’autres variantes méditerranéennes du mazout, voici quelques pistes à tester :
- Mazout méditerranéen : ajouter 0,5 cl de sirop d’orgeat et un zeste d’orange au mélange classique, pour renforcer les notes provençales
- Mazout fruité : incorporer 1 cl de sirop de cassis pour adoucir l’ensemble et apporter une couleur encore plus profonde
- Version Diesel européenne : mélanger 20 cl de bière blonde avec 2 cl de sirop de cassis et 1 cl de pastis, pour un cocktail plus long et moins sucré
Chaque variante raconte une histoire différente, mais la version classique reste la meilleure porte d’entrée. Mieux vaut maîtriser la recette de base avant de se lancer dans les expérimentations. Une fois les proportions bien en main, on peut s’amuser à créer ses propres associations selon les saisons et les envies.